Vernissage de “Jamais vraiment à l’abri” + “Douce violence”
Le vernissage sera consacré aux deux expositions sur inscription. Les expositions seront accessibles durant tout le week-end « Violences (il)légitimes » sans inscription.
« Jamais vraiment à l’abri » – Arnaud Ghys
À Bruxelles, près de mille personnes vivent aujourd’hui à la rue. Elles sont dix fois plus — hommes, femmes, enfants — à ne pas avoir de chez-soi au sens plein : hébergement précaire, logement instable, abri provisoire. Ces chiffres augmentent d’environ 20 % tous les deux ans. Jamais vraiment à l’abri est né d’un travail de terrain. Une première expérience de plaidoyer auprès d’Infirmiers de rue a permis à Arnaud Ghys de découvrir le secteur du « sans-chez-soirisme », terme qui dit la complexité de situations souvent réduites à la figure du sans-abri. Quelques années plus tard, l’association L’Îlot lui commande ce reportage. Les images sont réalisées lors de maraudes, en rue, accompagné d’un travailleur social jouant le rôle d’ambassadeur. Elles ne cherchent ni l’exception ni le spectaculaire. Elles documentent des présences, des visages, des moments ordinaires, là où l’absence de logement devient une condition durable. Cette exposition donne à voir une réalité largement connue par les chiffres, mais rarement regardée dans sa continuité : celle d’une précarité qui s’installe, s’étend, et interroge directement notre capacité collective à garantir un droit fondamental — celui d’avoir un lieu où être, et où tenir.
Note au public : Certaines photographies ont été réalisées dans l’espace public, dans le cadre d’un travail documentaire. Si une personne se reconnaît, ou reconnaît quelqu’un, et souhaite se manifester, elle peut s’adresser à l’équipe présente sur place.
“Douce violence” – Brieuc Van Elst
Descendre dans la rue est l’un des gestes politiques les plus simples et les plus partagés. Depuis plus de cinq ans, Brieuc Van Elst suit différentes formes de mobilisation sociale : manifestations, actions collectives, occupations, moments de tension comme de rassemblement. Il observe les manières de faire groupe, les stratégies de visibilité, les dispositifs de maintien de l’ordre, les récits qui se construisent autour des luttes. Douce violence s’inscrit dans ce temps long. Le travail croise approche documentaire et geste artistique pour rendre compte des multiples visages de l’engagement, sans héroïsation ni surplomb. Les images témoignent autant des corps en présence que des rapports de force qui les traversent, de ce qui s’expose que de ce qui contraint. Cette exposition s’appuie sur une lecture politique de la violence, inspirée notamment par la pensée de Don Helder Câmara, qui distinguait violence institutionnelle, violence de révolte et violence répressive. Une grille de lecture qui permet de déplacer le regard : ne pas réduire la violence à ses formes visibles, mais interroger aussi celles qui s’exercent silencieusement, légalement, durablement. Douce violence propose ainsi un regard situé sur les luttes contemporaines, là où l’engagement se confronte à la répression, à l’usure, aux contradictions — et où les images deviennent à la fois traces, prises de position et outils de réflexion collective.
Exposition
Ven. 27.02.2026 à 18h
Prix: Gratuit sur inscription
Lieu: LaVallée
Public:
Partenaires: LaVallée
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Sam. 28.02.2026 à 15h